MOI, DANS MON TEMPS...

Moi, dans mon temps...les communications utilisaient des véhicules simples...pas toujours simples. Les communications locales utilisaient LA ligne téléphonique; on était à l'époque du téléphone à manivelle, à quelque 30 abonnés par ligne...pas besoin de journal pour faire circuler la nouvelle. Malgré ça, les ados du temps n'étaient pas tellement différents de ceux que j'ai connus; à peine entrés de l'école, on faisait un détour par le téléphone...mais on s'y attardait moins, la charge de devoirs et de leçons nous laissait peu de temps.

Avant la venue de l'électricité, on avait la radio, mais elle ne servait pas beaucoup pour les nouvelles. La grosse pile sèche à 5 dollars devait durer au moins 6 mois...et même plus. Le temps d'écoute autorisé était donc réduit : le chapelet en famille à tous les soirs, les belles histoires des Pays d'en Haut (Séraphin dont ma grand-mère déformait le nom en Sévarin), la musique du terroir (on ne connaissait pas le mot et on appelait ça la musique du tiroir) le samedi soir je pense, les demandes spéciales à CBGA Matane le dimanche après-midi (les hommes au travail sur la Côte-Nord échangeaient des mots doux avec leurs dulcinées par le biais de cette voie de communication).

Avec la venue de l'électricité, après qu'un brocanteur du coin nous ait vendu un transformateur, notre écoute s'est diversifiée : Théo Chantrier, ou la psychologie en direct, que ma mère écoutait religieusement, les joyeux troubadours, le hockey du samedi soir, la musique Western de Charlottetown (CFCY) ou WWVA Wheeling de la Virginie de l'Ouest, etc...figurent parmi mes souvenirs.

Faut dire qu'à l'époque, la radio n'existait qu'en mode AM; ça voyage loin, particulièrement en soirée, mais ça recueille tous les parasites électriques qui polluent l'air. Inutile de vous dire qu'il fallait avoir l'oreille fine pour distinguer les mineures des majeures, les dièses et les bémols, quand on écoutait CBGA en après-midi ou WWVA en soirée.

Pour ce qui est de la télévision, ça a commencé par une espèce de canon à neige placé dans un coin du salon, pour ceux qui en avaient...je fait référence autant au salon qu'au téléviseur.

Je me souviens qu'il y en avait une chez deux de mes oncles à Fatima au milieu des années 1950, qu'ils avaient installé des antennes de type rhombique (un fil porté par 4 poteaux placés en forme de losange avec une résistance dans le coin orienté vers le signal qu'on veut capter). Le signal le plus proche étant à North Sydney je crois, et Fatima n'étant pas bien placé pour le capter, on vivait d'espoir; de temps en temps, on croyait voir passer une ombre dans la tempête.

Vers 1960, c'était déjà mieux, on arrivait à regarder le hockey...en anglais; Radio-Canada a finalement installé une antenne satellite aux Iles vers 1965 je crois...mais le besoin d'une zapette est apparu plus tard, beaucoup plus tard...particulièrement aux Iles.

Quant aux journaux, pour ceux qui avaient les moyens de s'offrir l'Action Catholique, le Soleil ou la Presse, et ils étaient peu nombreux, ils recevaient les nouvelles avec un certain retard, parce qu'on avait 3 services de courrier par semaine l'été et l'hiver, la fréquence était beaucoup plus tributaire de la météo, à l'époque moins clémente qu'aujourd'hui et surtout, imprévisible...il y avait bien quelques météorologues amateurs qui examinaient la direction des pointes de la lune ou la forme des nuages pour nous prédire les conditions du temps, mais on était loin de suivre les systèmes météorologiques par satellites.

À VENIR ÉVENTUELLEMENT

Moi, dans mon temps...la religion
Moi, dans mon temps...la pêche
Moi, dans mon temps...l'agriculture
Moi, dans mon temps...la femme au travail
Moi, dans mon temps...la garderie
Moi, dans mon temps...les soins de santé
Moi, dans mon temps...les déplacements
Moi, dans mon temps...les élections
Moi, dans mon temps...